L'exposition du fuchsia
Nord ? Sud ? Est ? Ouest ?
En ce qui concerne l’exposition, si le fuchsia n’est pas considéré, à juste titre, comme une plante de plein soleil, on peut dire que les variétés rustiques supportent généralement bien le soleil. Certaines variétés à feuillage panaché requièrent même une exposition ensoleillée pour que les couleurs dorées, vertes et jaunes ou cuivrées ressortent avec éclat.
Si les plantes sont installées au 15-20 avril, elles ont le temps de s’acclimater progressivement aux rayons d’un soleil estival. Toutefois, si vous devez installer une plante après le 15 mai, il conviendra de la protéger pendant quelque temps par un ombrage approprié. Les feuillages foncés supportent mieux le soleil, mais ce n’est pas une règle absolue.
Ceux d’entre vous qui possèdent un jardin en climat protégé peuvent tenter d’acclimater des variétés à fleurs blanches, qu’il conviendra impérativement de planter à l’ombre.
La conséquence de notre diversité climatique réside dans le fait que la notion de rusticité doit inclure, outre la résistance au gel, des paramètres de résistance à la sécheresse, à l’effet desséchant des vents dominants, aux rayons directs du soleil.
Les vents dominants peuvent également jouer un rôle : un fuchsia soumis à l’action directe d’une bise froide du Nord souffrira bien sûr beaucoup plus qu’un fuchsia planté à l’Ouest ou à l’Est, à l’abri d’un mur par exemple.
On peut considérer que la première année, la plante s’installe, son système de racines se développe (certaines variétés peuvent atteindre une hauteur d’1 mètre 20 à la fin de l’été). Toutefois la plante reste encore fragile, et il conviendra de la protéger avant les premières gelées avec des feuilles, des fougères, de la paille ou même un film plastique… On peut même incorporer un peu de fumiers pour former une couche chaude. Certains préconisent à la plantation d’enterrer le collet de la plante de 5 à 10 cm plus profond que la normale. C’est peut-être efficace, mais on augmente le risque de pourriture.
En ce qui concerne la partie méridionale de la France, ce serait plutôt la canicule et la sécheresse atmosphérique qui constitueraient des facteurs limitant de culture. Dans ces régions, les Hybrides Triphylla, résistants aussi bien à la chaleur qu’à la sécheresse semblent être les plus appropriés à la pleine terre.
Comment tirer les leçons de la canicule ?
La chaleur présente sur toute la France en juin puis juillet 2005 provoque des réactions et des remises en cause.
Ma grand-mère nous disait souvent, « il n’y a plus d’été », plus de chaleur… De mon temps, nous ne pouvions pas travailler dans « I’tantôt », seulement la soirée.
Maintenant nous trouvons qu’il y a trop de chaleur, mais il faut relativiser et prendre du recul. Les journées très chaudes ont existé avant nous, mais nos plantes préférées n’étaient pas cultivées de la même manière.
Les fuchsias de nos grand-mères étaient, pour la plupart, en pleine terre, en façade des maisons et cette façade était toujours dirigée vers l’est, la moins exposée au vent froid d’hiver et à la pluie d’ouest.
De nos jours, nous utilisons les fuchsias dans presque toutes les expositions et dans des contenants différents. De plus, ceux-ci sont plutôt de petites dimensions.
Cette canicule nous pousse à reconsidérer nos méthodes de culture, à affiner notre choix pour retenir des variétés bien adaptées et à mieux utiliser les supports (terreau). Voici les principales causes des échecs constatés :
- les suspensions en plastique de dimensions trop faibles (éviter les couleurs foncées et les plastiques laissant passer les UV)
- un choix variétal mal adapté,
- des fuchsias transformés et affaiblis par ides régulateurs de croissance,
- des engrais mal dosés et mal adaptés,
- des sols autour des habitations neuves de très mauvaise qualité,
- des eaux d’arrosage chlorées,
- une éducation « main verte » à repenser,
- des insectes ou maladies nouvellement introduites,
- des articles de journaux qui compliquent des informations culturales,
- une mauvaise communication dans de nombreux points de vente (un non-respect des dates de plantation, la plantation de n’importe quoi à n’importe quelle saison, la recherche avant tout du profit…)
Or les échecs sans explications découragent les jardiniers.
Des solutions existent :
- les producteurs de végétaux se sont regroupés autour du réseau HPF (Horticulteurs et Pépiniéristes de France), qui leur permet d’être reconnus par le grand public comme des gens passionnés par leur travail et heureux de vulgariser les bonnes méthodes de culture, adaptées à chaque sujet et espèce.
- Des associations d’amateurs se créent et perdurent, afin de divulguer les connaissances et les expériences des uns et des autres,
- Des expositions florales multiples permettent les rencontres et les échanges,
- Les revues de jardinage se vendent bien, certaines sont très bien faites et construites au fil des saisons,
- Le climat évolue selon les saisons et les années… à nous de nous adapter. Des réflexions, des astuces, des combines, des essais, des échanges permettent de trouver des solutions pour chaque problème.
Aucune raison donc de paniquer.
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